Un nouveau rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), publié en février dernier, lève le voile sur l’efficacité réelle de l’interdiction des saveurs dans les produits de vapotage, en vigueur depuis octobre 2023. Si les données montrent une baisse encourageante de l’usage chez les jeunes de 16 à 19 ans (passant de 20 % en 2022 à 13 % en 2024), le constat reste préoccupant : cette population vapote toujours deux fois plus que la population générale.
Dans un récent article publié par La Presse, Flory Doucas, porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT), expose les limites d’une réglementation trop facilement contournée par l’industrie.
L’industrie du vapotage : l'art du contournement
Malgré l’interdiction des liquides aromatisés au Québec, plus de 80 % des vapoteur·euse·s utilisaient encore des saveurs en septembre 2025. Comment expliquer un tel chiffre ? Pour Flory Doucas, la réponse réside dans l'inventivité de l'industrie pour exploiter les zones grises de la loi.
Qu’il s’agisse de la vente de « rehausseurs de saveur » dans les boutiques spécialisées ou de l'approvisionnement facilité via le web et les provinces voisines (comme l’Ontario), les barrières actuelles s'avèrent poreuses.
« L’industrie a trouvé toutes sortes de façons de [contourner le règlement] », déplore Flory Doucas, (citation issue de l'article de La Presse), soulignant que le Québec ne s’est pas encore doté des leviers nécessaires pour contrer ce nouveau type de contrebande, contrairement à ce qui existe pour le tabac traditionnel.
Une analyse scientifique des données de vente
Afin d'appuyer ces constats par des données probantes, un webinaire présenté le 18 février 2026 propose une analyse approfondie des ventes de produits de vapotage et de tabac au Québec à la suite de l’interdiction des saveurs.
Animé par Olivier Bellefleur (INSPQ), ce rendez-vous permet aux scientifiques Annie Montreuil et Benoit Lasnier de présenter les effets à court terme de la réglementation dans les commerces de proximité. Cette présentation scientifique poursuit trois objectifs clés :
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Apprécier les avantages et les limites des données de vente comme outil de mesure.
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Résumer les effets immédiats de la réglementation sur le marché québécois.
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Identifier d'autres sources de données pertinentes pour brosser un portrait global de la situation.
Un enjeu de santé publique prioritaire
Pour l’AIDQ et ses partenaires, l’ensemble de ces données, qu’elles soient issues du terrain ou de la recherche, confirme que la réduction des méfaits liés au vapotage nécessite une approche globale. Il est impératif que les politiques publiques soient à la hauteur de l’urgence, afin d'éviter que toute une génération ne développe une dépendance à la nicotine sous le radar des autorités.
Comme le souligne Flory Doucas, chaque retard dans l'application de mesures coercitives sérieuses envers l'industrie se traduit par des milliers de nouveau·elles usager·ère·s au secondaire.
Consulter l’article complet sur le site de La Presse
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