Le 6 avril 2026, l’AIDQ s’est jointe à plus d’une dizaine d’organisations de la santé, de la recherche et du milieu communautaire pour signer une lettre publique interpellant le gouvernement du Québec. Le message est clair : toute réforme de la vente d’alcool doit prioriser la santé des populations avant les intérêts commerciaux.
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Image : Capture d’écran de la lettre ouverte disponible sur La Presse
Un projet qui soulève des inquiétudes
Alors que le gouvernement du Québec entame une modernisation de l’encadrement de l’alcool, l’adoption récente d’un amendement au projet de loi 11 (PL 11) suscite de vives préoccupations chez les intervenant·e·s du secteur des dépendances. Cet amendement permettra la vente de boissons « prêts-à-boire » à base d’alcool fort dans les épiceries, et ce, sans qu'aucune consultation préalable n'ait été menée auprès des expert·e·s en santé publique.
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Pour tous les cosignataires, les règles qui encadrent l’accès à l’alcool sont des remparts essentiels. Leur assouplissement n'est jamais neutre : il influence directement les comportements de consommation et les risques associés.
« L’alcool est un produit légal, certes, mais aussi une substance associée à des risques bien réels et disproportionnés notamment chez les personnes en situation de pauvreté, les femmes, les personnes racisées et les personnes aînées. » extrait de la lettre ouverte.
Le risque de la banalisation
L'arrivée des prêts-à-boire en épicerie, des produits souvent sucrés et attrayants pour les plus jeunes, pose un risque réel de banalisation de la consommation. En agissant « à la pièce » plutôt que par une vision globale, le gouvernement risque d'affaiblir les efforts de prévention déployés depuis des années sur le terrain.
L’AIDQ et ses partenaires soutiennent l’allègement des procédures administratives superflues pour l'industrie, mais s’opposent fermement à tout recul des protections sociales. La santé collective ne peut être traitée comme une simple variable économique.
Pour une consultation transparente et inclusive
La modernisation de l'encadrement de l'alcool ne doit pas se faire uniquement en écoutant les besoins des acteurs industriels. Les organisations de la santé, des services sociaux et de la lutte contre les dépendances doivent avoir une place centrale à la table de discussion.
Les signataires appellent le gouvernement à :
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Tenir des consultations transparentes avec l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du futur projet de loi omnibus.
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Évaluer rigoureusement les impacts de l’accessibilité accrue sur la santé publique.
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Maintenir un équilibre entre développement économique et protection de la population.
Nous demeurons vigilant·e·s et engagé·e·s pour que les décisions collectives reflètent une réelle préoccupation pour le bien-être de toutes et tous.
L’AIDQ tient à saluer l’initiative de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et est fière de porter cette voix aux côtés de collègues de la Fondation québécoise du cancer, de Cœur+AVC, du GRIP, de la Société canadienne du cancer, Action toxicomanie, Association des spécialistes en médecine préventive du Québec, Association québécoise des neuropsychologues, Chaire de recherche du Canada TRADIS, projet Cumulus et de plusieurs autres expert·e·s du réseau.
En savoir plus :
- Article de ASPQ : Alcool : Reporter l’amendement au PL11 sur les boissons prêtes-à-boire est la meilleure chose à faire
- Article du Gouvernement du Québec : Un nouveau projet de loi propose des changements qui toucheraient le secteur des boissons alcooliques
- Communiqué de presse du Cabinet du ministre délégué à l'Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises et ministre responsable de la Jeunesse

