La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est célébrée chaque année le 30
septembre et vise à promouvoir les efforts de réconciliation avec les peuples autochtones. Il
s’agit aussi d’une journée de commémoration consacrée aux enfants qui ont été arrachés à leur
famille et envoyés dans les pensionnats autochtones, aux survivantes et survivants de ces
institutions, ainsi qu'à leurs familles et à leurs communautés. Elle vise également à rappeler que
les conséquences du système des pensionnats ne relèvent pas uniquement du passé: leurs
effets se font encore sentir aujourd'hui. La journée constitue donc à la fois un moment de
mémoire, d'apprentissage et de réflexion sur les responsabilités collectives liées à la
réconciliation.
La vérité suppose d'abord de connaître et reconnaître l'histoire. La vérité implique donc de
connaître, entre autres, l'histoire des pensionnats, d’écouter les témoignages des survivantes et
survivants, de reconnaître les politiques d'assimilation qui sous-tendaient le système, de
comprendre les conséquences intergénérationnelles et de reconnaître les réalités
contemporaines des peuples autochtones.
La réconciliation va plus loin que la connaissance. Elle implique de transformer les relations
entre les peuples autochtones et non autochtones et de donner suite aux injustices et aux
engagements identifiés par la Commission de la vérité et de la réconciliation.
Consulter les appels à l'action de la Commission

Cette journée est plus pertinente que jamais : Jusi Padlayat, âgé de seulement 4 ans, est décédé
le 3 août dernier à Ivujivik, au Nunavik. Des appels à l’aide ont été répétés par la famille de Jusi
pendant plusieurs jours, sans qu’une prise en charge adéquate ne soit proposée. Malgré un
appel à l’aide sur les réseaux sociaux, l’enfant est décédé peu après. Ce drame n’est pas sans
rappeler le décès tragique de Joyce Echaquan dans un contexte similaire en septembre 2020. Le
racisme systémique est encore bien ancré au Québec.
Ce 30 septembre, l’équipe de l’AIDQ bénéficiera d’une journée de congé férié. En effet, le
conseil d’administration de l’AIDQ a voté en faveur de l’ajout de ce congé férié en 2023. Ce
congé férié est important; il vise à créer un moment collectif pour reconnaître l’histoire et ses
conséquences. Cette date correspond d’ailleurs au moment de l’année où les enfants
autochtones étaient retirés de leurs familles pour être envoyés dans les pensionnats. Nous vous
invitons aussi à profiter de la journée nationale de la vérité et de la réconciliation pour vous
informer ou prendre action dans votre région.
Témoignage de Pamela Charlong
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est une journée qui a une
signification très profonde pour moi. C’est un moment pour s’arrêter et rendre
hommage aux survivants, aux enfants qui ne sont jamais revenus chez eux, à leurs
familles ainsi qu’aux générations qui continuent de porter les conséquences des
pensionnats.
En tant que femme Mi’gmaq de Gesgapegiag, en territoire Mi’gma’gi, je pense aussi
à la force et à la résilience incroyables de notre peuple. Je pense à ceux et celles qui
nous ont précédés, à ce qu’ils ont vécu, à ce qu’ils se sont battus pour préserver et à
ce qu’ils nous ont transmis.
Pour moi, la réconciliation ne consiste pas seulement à regarder vers le passé. Elle
concerne aussi ce que nous choisissons de faire pour aller de l’avant. Il s’agit d'être à
l'écoute les uns les autres, d’avoir des conversations significatives, de rebâtir les
relations et de créer des espaces où nos voix peuvent être entendues. Mais surtout, je
pense à nos jeunes, à l’importance qu’ils sachent qui ils sont, d’où ils viennent et
qu’ils puissent porter leur culture et leur identité avec fierté.
Le 30 septembre nous offre un moment important pour réfléchir, mais la
réconciliation ne peut pas être quelque chose que nous reconnaissons une seule
journée par année. Elle doit se refléter dans notre façon d’être présents les uns pour
les autres, dans les relations que nous bâtissons, dans les décisions que nous prenons
et dans les espaces que nous créons pour les générations futures.
Pour moi, la vérité et la réconciliation, c’est honorer le chemin parcouru, reconnaître
les vérités qui ne doivent jamais être oubliées et continuer d’avancer ensemble avec
espoir, respect et un sens de responsabilité envers les générations qui nous suivront
- Pamela Charlong, trésorière, conseil d’administration de l’AIDQ
Pour s'informer
- Cartes des différentes nations autochtones au Québec
- Livret « Tu n’as pas l’air d’un autochtone et autres préjugés »
- Formation virtuelle de l'UQO intitulée « William : utiliser la réalité virtuelle pour la vérité et la réconciliation » le 30 septembre de 10 h à 12 h. Inscription requise
- Programmation de la Semaine de la vérité et de la réconciliation de L’UQTR
Activités culturelles à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

À Tiohtià:ke / Montréal
- Biennale d'art contemporain autochtone au Musée McCord Stewart. À voir du 30 septembre 2026 au 28 février 2027
- Concert mémoriel gratuit à la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal le 30 septembre
- Barbecue communautaire organisé par le Centre de justice des Premiers Peuples de Tiohtià:ke/Montréal au carré Saint-Louis. L'événement aura lieu le 24 septembre proposera également des cérémonies, de la musique, des chants, de la danse et des ateliers.
À Wendake / Québec
- Spectacle commémoratif à la mémoire de Joyce Echaquan à l'amphithéâtre de Wendake le 28 septembre. Cette soirée placée sous le signe du rassemblement et de la solidarité rendra hommage à Joyce Echaquan à travers les prestations d’artistes autochtones de renom et des kiosques d’information.


