Un récent reportage de La Presse nous plongeait au cœur du travail éprouvant d’Urgences-santé face à la hausse des surdoses sur le terrain. L'article soulignait l’importance vitale de composer le 911 dès qu’une personne semble en détresse.
Cependant, pour répondre efficacement à cette crise qui touche l'ensemble de la collectivité, il est essentiel de mettre en lumière des outils de prévention et des ressources clés qui demeurent encore trop méconnus du grand public.
Lire le reportage de La Presse « Une soirée avec Urgences-santé »
1. La Loi sur les bons samaritains : composer le 911 sans crainte
L’article de La Presse rapportait la peur fréquente des témoins ou des proches de « faire venir la police » ou d'avoir des ennuis s'ils appellent les secours.
Il est bon de rappeler l'existence de la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose. Cette loi fédérale protège juridiquement toute personne qui appelle le 911 ou qui se trouve sur les lieux d'une surdose en cas d'urgence médicale. Elle garantit qu'aucune poursuite pour possession simple de substances contrôlées ou pour violation de conditions d'une liberté sous caution (liée à la possession simple) ne sera intentée contre vous.
Cette protection est un pilier fondamental de la réduction des méfaits : l'objectif prioritaire de la loi est de lever la peur des conséquences légales pour sauver des vies.
Lire notre article pour en savoir plus
2. La naloxone : un outil accessible, gratuit et simple d'utilisation
Un autre élément crucial concerne l'accès à l'antidote d'urgence : la naloxone. Utilisée pour renverser temporairement les effets d'une surdose d'opioïdes (comme le fentanyl), la naloxone est un outil indispensable de premiers secours.
Il ne faut pas attendre l'arrivée des secours pour agir. Chacun·e d'entre nous peut en porter sur soi.
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Accessible et gratuite : Elle est offerte gratuitement dans la plupart des pharmacies du Québec ainsi que dans de nombreux organismes communautaires, sans ordonnance.
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Facile d'utilisation : Elle se présente souvent sous forme de spray nasal, très simple à administrer, sans formation médicale préalable.
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Sécuritaire : La naloxone n'a aucun effet néfaste si elle est administrée à une personne qui n'a pas consommé d'opioïdes. En cas de doute, l'administrer peut sauver une vie sans poser de risque.
Lire notre article sur la naloxone
3. Réduction des méfaits : des services pour consommer de façon plus sécuritaire
Au-delà de la réponse d'urgence, de nombreux organismes communautaires œuvrent quotidiennement sur le terrain pour prévenir les surdoses et accompagner les personnes qui consomment dans une démarche plus sécuritaire.
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L'analyse de substances : savoir ce qu'on consomme
La présence de contaminants imprévus ou toxiques dans le marché illicite est l'un des plus grands facteurs de risque. Des services d'analyse de substances rapides, confidentiels et sans frais permettent aux personnes d'obtenir en quelques minutes la composition de leurs substances, sans risque légal.
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Les services de consommation supervisée et les unités mobiles
Ces espaces fixes ou itinérants offrent un cadre légal et sécuritaire, du matériel stérile, ainsi qu'une présence humaine qualifiée en cas de complication. Ils permettent d'intervenir immédiatement en cas de surdose tout en offrant du soutien psychosocial et du matériel de prévention.
Pour localiser toutes ces ressources : Trouve ton centre
Pour trouver rapidement l'ensemble de ces services partout au Québec, l'outil Trouve ton Centre (porté par Drogue : aide et référence en partenariat avec l'AQCID) répertorie l'ensemble des centres de prévention, de traitement, de réduction des méfaits ainsi que les points de distribution de naloxone communautaire.
Mettre en valeur ce qui existe déjà
Les services, le matériel et le cadre légal existent pour réduire ou tenter de diminuer les drames humains autour de cette crise des surdoses. Dès lors, une question s'impose : alors que des ressources éprouvées sont déjà en place sur le terrain, pourquoi sont-elles encore si peu mises en avant et valorisées auprès de la population générale ?
Pour freiner la crise des surdoses, la sensibilisation ne doit pas s'arrêter au constat de l'urgence : elle doit aussi passer par la démocratisation des outils de prévention accessibles à toutes et à tous·tes.

